Evidence based

La vérité sur l’utilisation de l’huile de CBD pour la douleur

Le CBD présente un grand potentiel pour soulager de nombreux types de douleurs. Apprenez comment le CBD soulage la douleur à tous les niveaux, du corps au cerveau.

Article By
Tracey Roizman , Posté 4 semaines depuis

  • Table des matières

Les statistiques montrent qu’entre 11 et 40 % des adultes aux États-Unis vivent avec une douleur chronique [1].

Pour plusieurs de ces patients, les médicaments actuellement disponibles ne leur procurent pas un soulagement complet. De plus, les analgésiques ont généralement des effets secondaires qui peuvent limiter leur utilité.

Des données préliminaires montrent que le CBD peut être un moyen sûr et efficace de gérer la douleur pour diverses causes.

Toutefois, bien que le CBD ait démontré des effets bénéfiques dans des conditions expérimentales, peu d’essais cliniques chez l’homme ont été menés à ce jour, et son efficacité dans la gestion de la douleur chez l’homme reste encore largement non prouvée.

Comment fonctionne le CBD ? Dans quelle mesure peut-il aider à gérer la douleur ?

Dans cet article, nous allons explorer le rôle du CBD dans la gestion de la douleur, ce que dit la recherche et nous aborderons certaines de ses limites.

Deux types de douleur et les effets potentiels du CBD

Alors que la douleur peut être décrite en fonction de ses qualités, telles qu’aiguë ou terne, chaude ou froide, picotante, engourdie, etc., pour les besoins du traitement, la douleur est souvent divisée en deux catégories, selon sa cause :

1. Douleur inflammatoire

L’inflammation est une fonction du système immunitaire et constitue la réponse initiale de votre corps à l’irritation ou aux dommages causés aux tissus du corps — comme lorsque la zone autour d’une éraflure devient rouge et bouffie.

Le processus inflammatoire peut se produire en réponse à une infection ou à une blessure physique (bosses, ecchymoses, fractures) ainsi qu’à des conditions métaboliques, dégénératives et auto-immunes.

Lorsque vous souffrez d’une blessure aiguë, telle qu’une entorse à la cheville, l’inflammation est très visible. Mais lorsque l’inflammation se produit à l’intérieur de l’organisme à des niveaux inférieurs dans le cas d’affections chroniques comme le syndrome du côlon irritable, les maladies cardiaques ou le diabète, les signes peuvent passer inaperçus, ce qui peut entraîner des lésions tissulaires importantes.

Il existe deux types de douleurs inflammatoires :

A) Douleur inflammatoire aiguë

L’inflammation aiguë constitue le premier stade de l’inflammation. Elle s’enclenche rapidement et devrait idéalement disparaître rapidement une fois que le tissu est réparé. Une inflammation de moins de trois semaines est considérée comme aiguë.

Ce type de douleur inflammatoire comprend le gonflement, l’inflammation et la migration des globules blancs dans la région affectée.

Au cours de cette phase, des molécules pro-inflammatoires appelées cytokines sont libérées, déclenchant une cascade de réactions qui entraînent un gonflement, des rougeurs et de la chaleur dans la région blessée.

Ces mêmes cytokines activent également les récepteurs de la douleur, qui envoient des signaux de douleur à votre cerveau.

B) Douleur inflammatoire chronique

Cette forme de douleur s’installe lorsque l’inflammation ne disparaît pas après quelques semaines. Lorsque cela se produit, les capteurs de douleur deviennent souvent hyper-réactifs, ce qui entraîne une sensibilité accrue à des niveaux de douleur plus faibles. Ce qui signifie que le signal de douleur est déclenché beaucoup plus tôt qu’il ne le serait normalement.

Les douleurs inflammatoires chroniques peuvent résulter de maladies auto-immunes, de maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, de troubles gastro-intestinaux et autres [2].

Stopper l’inflammation chronique constitue une étape importante dans le soulagement de la douleur chronique et une cible majeure dans le développement de médicaments pharmaceutiques. Il a été démontré que le CBD augmente directement les niveaux de cytokines anti-inflammatoires (molécules messagères) et diminue les niveaux de cytokines pro-inflammatoires — réduisant ainsi l’inflammation [2].

2. Douleur neuropathique

Ce type de douleur survient lorsqu’il y a lésion des nerfs périphériques, c’est-à-dire des nerfs situés à l’extérieur de la moelle épinière et du cerveau. Les lésions nerveuses périphériques peuvent entraîner une altération persistante de la fonction nerveuse même après que le nerf se soit rétabli de sa blessure initiale [3].

Les causes de lésions nerveuses peuvent inclure :

  • Traumatisme ou blessure
  • Exposition à des substances neurotoxiques
  • Trouble métabolique (comme le diabète ou une maladie cardiovasculaire)
  • Maladies auto-immunes (comme la polyarthrite rhumatoïde).

Tout comme la douleur inflammatoire chronique, la douleur neuropathique peut causer une hypersensibilisation aux signaux de douleur [3].

En revanche, alors que la douleur inflammatoire chronique répond généralement bien aux anti-inflammatoires, la douleur neuropathique n’y répond pas. Au lieu de cela, les médicaments de type opiacé (Oxycontin, morphine), les anticonvulsivants, les anesthésiques et les antidépresseurs sont souvent utilisés pour gérer la douleur neuropathique [17].

Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires importants qui peuvent être intolérables pour certains patients, notamment :

  • Étourdissements
  • Somnolence
  • Troubles de la coordination
  • Troubles de la vision
  • Perte de mémoire
  • Troubles de l’élocution
  • Sensibilité accrue aux infections virales [4,18].

Comment le CBD peut aider à soulager la douleur neuropathique

Le système endocannabinoïde contrôle la transmission de la douleur nerveuse à de nombreux endroits différents le long de la voie de la douleur.

A) Réduire la transmission de la douleur

Le contrôle se produit au niveau des nerfs sensoriels responsables de la transmission des premiers signaux de douleur à partir des tissus endommagés, ainsi qu’au niveau des zones du système nerveux central qui contrôlent l’intensité de la douleur qui atteint le cerveau [19].

L’une des façons dont le CBD et d’autres cannabinoïdes réduisent la transmission de la douleur réside dans l’activation des récepteurs de glycine dans la moelle épinière, ce qui a des effets inhibiteurs sur les messages de douleur [20].

Si moins de signaux de douleur atteignent le cerveau, nous ressentons moins de douleur.

B) Protéger le tissu nerveux contre les lésions

Le CBD offre également des effets protecteurs sur les nerfs, ce qui peut prévenir ou réduire les lésions nerveuses. C’est ce qu’ont démontré des recherches sur les effets protecteurs du CBD sur les lésions nerveuses induites par la chimiothérapie [21].

C) Réduire l’inflammation

De plus, les effets anti-inflammatoires du CBD peuvent empêcher les conditions inflammatoires de causer des dommages aux nerfs — ce qui, à nouveau, entraîne moins de douleur neuropathique [22].

D) Soutien de la microglie dans la moelle épinière

Le CBD inhibe l’activité des cellules du cerveau et de la moelle épinière appelées microglies.

Ces cellules dérivées du système immunitaire sont chargées de protéger et de soutenir les cellules nerveuses, et sont connues pour s’accumuler dans le cas des syndromes douloureux neuropathiques. En inhibant la microglie, le CBD peut empêcher la réponse douloureuse neuropathique de s’intensifier [23].

Contrairement à certains analgésiques conventionnels, le CBD n’entraîne pas d’accoutumance, un processus à travers lequel la même dose devient moins efficace avec le temps, ce qui incite l’utilisateur à prendre progressivement des doses plus élevées [5].

La douleur et votre cerveau — Comment la douleur est amplifiée par le système nerveux central

Lorsque la douleur persiste et devient chronique, les mécanismes d’interprétation dans votre cerveau peuvent se dérégler — entraînant une hypersensibilisation, une amplification des messages de douleur et une aggravation des symptômes de douleur chronique [6].

Ce processus peut causer des changements physiques dans le cerveau, ce qui a été démontré par des études de neuro-imagerie montrant une connectivité réduite entre les zones du cerveau et de la moelle épinière où les messages de douleur sont traités [6].

Cela signifie essentiellement que plus vous ressentez de douleur, plus il est facile de ressentir à nouveau la douleur, c’est-à-dire que le seuil est abaissé, de sorte que de petits stimuli peuvent entraîner des réactions douloureuses inappropriées.

L’altération de la communication avec le système nerveux réduit la capacité de votre corps à interpréter la douleur et à y répondre de façon appropriée, ce qui entraîne une augmentation de l’activité de la cascade inflammatoire. Les tests de laboratoire révèlent des niveaux élevés de molécules de signalisation pro-inflammatoires et des niveaux réduits de molécules inhibitrices de la douleur, comme l’IL-10 [6], comme en témoignent les résultats des tests de laboratoire.

Ces changements sont plus évidents dans le cas des syndromes douloureux neuropathiques, mais on a également constaté qu’ils se produisent dans le cas des états inflammatoires chroniques. Pour ce type de conditions, la douleur peut persister même une fois l’inflammation maîtrisée [7].

La douleur et votre état émotionnel : Comment l’anxiété et la dépression causent et aggravent la douleur chronique

La douleur, l’anxiété et la dépression sont intimement liées — elles surviennent souvent ensemble.

Bien qu’il soit facile de voir comment la douleur inflammatoire ou neuropathique chronique peut mener à l’anxiété et à la dépression, l’inverse peut aussi se produire. Ces états émotionnels négatifs peuvent causer des changements physiologiques dans le cerveau et le corps qui favorisent la douleur.

Ce qui rend la gestion de la douleur beaucoup plus compliquée puisque l’aspect émotionnel doit désormais être pris en considération également.

Anxiété et douleur : attiser la flamme

Les personnes souffrant de douleurs chroniques deviennent souvent anxieuses au sujet de leur état. Une fois que l’anxiété s’installe, elle active la réponse au stress, ce qui entraîne des niveaux élevés de produits chimiques du stress, notamment le cortisol et les cytokines pro-inflammatoires.

Des études montrent que ces produits chimiques antistress peuvent rendre les zones du cerveau et de la moelle épinière qui traitent la douleur, hypersensibles aux messages de douleur — une condition connue sous le nom d’hyperalgésie induite par l’anxiété [24].

Cela signifie essentiellement que lorsque nous sommes stressés, nous ressentons plus d’inflammation et de douleur.

La dépression et la douleur : un cycle auto-entretenu

La mutualité de la relation entre la dépression et la douleur chronique peut se renforcer.

La douleur chronique peut causer la dépression en inhibant la sécrétion de dopamine [25], un neurotransmetteur responsable des sentiments de récompense et d’accomplissement — comme lorsque vous réussissez bien à l’école ou au travail, ou lorsque vous réussissez un marathon (ou un 5K).

Inversement, on a constaté que la dépression, c.-à-d. un faible niveau de dopamine, supprime l’activité dans certaines régions du cerveau qui inhibent les messages de douleur, ce qui entraîne une perception accrue de la douleur [26].

Pour résumer, la douleur provoque la dépression en abaissant les niveaux de dopamine — et une faible quantité de dopamine provoque la douleur en supprimant les zones du cerveau responsables du contrôle de la douleur.

Comment le CBD peut aider à soulager l’anxiété et la dépression

Il existe des preuves encourageantes que le CBD offre des avantages dans le traitement des syndromes douloureux, complexes, impliquant l’anxiété et la dépression.

Une vaste étude clinique menée auprès de patients psychiatriques souffrant d’anxiété et de troubles du sommeil a révélé que l’anxiété diminuait et que la qualité du sommeil s’améliorait considérablement au cours du premier mois de supplémentation en CBD [27].

Il a également été démontré que le CBD diminue les symptômes de dépression dans les études sur les animaux de laboratoire [28].

Toutefois, il reste encore beaucoup à apprendre sur la relation complexe de cause à effet entre la douleur, l’anxiété et la dépression, et le CBD peut s’avérer utile pour certaines personnes, à cet égard, mais moins pour d’autres.

CBD & Soulagement de la douleur : Avantages à tous les niveaux de la réponse à la douleur

Le CBD peut fonctionner grâce à des mécanismes qui s’attaquent à la réponse à la douleur à tous les niveaux du système nerveux périphérique et central. Grâce à ces effets, le CBD peut soulager les douleurs inflammatoires et neuropathiques aiguës et chroniques [2].

1. CBD sur le site de la lésion

Le CBD a démontré de puissants effets anti-inflammatoires qui, dans des études précliniques, ont permis d’inhiber la douleur et de prévenir la destruction des tissus.

Dans le cas des maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde, le diabète de type 1 et d’autres maladies, l’inflammation et la destruction des tissus connexes se produisent de façon continue et constituent l’une des causes sous-jacentes de la douleur.

L’activité anti-inflammatoire du CBD peut jouer un rôle clé dans la gestion de la douleur pour ce type de cas ainsi que dans le cas des maladies dégénératives métaboliques et neurologiques comme le diabète de type 2, l’athérosclérose et la maladie d’Alzheimer, où l’inflammation joue également un rôle clé [13].

2. CBD dans la moelle épinière sur la voie du cerveau

Le CBD semble prometteur selon les premières études pour sa capacité à affecter les messages de douleur au niveau de la moelle épinière. Il interagit avec les récepteurs de la glycine — un neurotransmetteur calmant qui module la transmission de la douleur dans le cerveau et la moelle épinière [5].

Cela peut indiquer un rôle potentiel du CBD dans la prévention ou la gestion de la douleur chronique sans causer les effets sédatifs qui se produisent généralement avec d’autres analgésiques.

3. Le CBD dans le cerveau

Les récepteurs endocannabinoïdes (récepteurs CB1 et CB2) fonctionnent dans le cerveau où les messages de douleur sont interprétés. L’activation des récepteurs CB2, en particulier, aide à favoriser la libération de dopamine — qui possède une activité inhibitrice de la douleur [2].

Il est prouvé que le CBD agit dans les zones du cerveau où les souvenirs sont stockés pour supprimer les souvenirs nocifs ou effrayants qui déclenchent l’anxiété [29]. Cela pourrait prévenir la réaction de stress à certains souvenirs (pour des troubles comme le SSPT –Syndrome de Stress Post-Traumatique) qui contribuent à l’image globale de la douleur.

Le CBD peut soulager la douleur en augmentant l’activité de la sérotonine — un des neurotransmetteurs calmants de l’organisme [8]. Il existe des preuves que la sérotonine peut avoir des effets anti-inflammatoires et antioxydants qui aident également à moduler la douleur [9]. Les médicaments qui augmentent l’activité sérotoninergique, connus sous le nom d’Inhibiteurs Sélectif de Recapture de la Sérotonine (ISRS), sont largement utilisés pour soulager la dépression et l’anxiété, et sont par ailleurs souvent prescrits pour le traitement de la douleur chronique [9].

Cependant, les ISRS comportent de nombreux effets secondaires, notamment :

  • Vision trouble
  • Perturbations de l’appareil digestif
  • Insomnie
  • Dysfonctionnement sexuel
  • Gain de poids

Des preuves préliminaires montrent également que le CBD peut affecter les conditions inflammatoires en augmentant l’activité de l’adénosine — un neuromodulateur dans le cerveau qui “refuse” l’inflammation provoquée par l’hyperactivité du système immunitaire [13].

4. CBD dans le tractus gastro-intestinal

Le système endocannabinoïde joue un rôle important dans le maintien de l’équilibre du système gastro-intestinal. Le CBD peut s’avérer utile dans la prise en charge des syndromes de douleurs gastro-intestinales chroniques, tels que la maladie de Crohn, le syndrome du côlon irritable et la colite ulcéreuse [2].

Ce que montrent les études : CBD pour des affections douloureuses spécifiques

Les essais cliniques chez l’humain sont la norme d’excellence pour toutes les thérapies médicales. Cependant, la plupart des recherches sur les cannabinoïdes chez l’humain portent principalement sur des formulations qui contiennent des niveaux plus élevés de THC, souvent dans un rapport de 1:1 avec le CBD.

Les essais cliniques sur l’homme et les études prometteuses sur l’animal qui suivent mettent en évidence certains des bienfaits prouvés et du potentiel prometteur du CBD pour des conditions spécifiques :

1. Douleur causée par la chimiothérapie

Une étude animale a révélé que le CBD peut prévenir l’hypersensibilisation douloureuse des récepteurs nerveux à la température et à la pression, un effet secondaire des médicaments de chimiothérapie [10]. L’étude a montré que le CBD soulageait la douleur en se liant directement aux récepteurs de sérotonine dans le cerveau.

2. Douleur chronique induite par les AINS

Les AINS (Anti-Inflammatoire Non Stéroïdien) sont une classe courante d’anti-inflammatoires comme l’aspirine et l’ibuprofène.

De nombreux patients ayant subi une transplantation rénale ressentent des douleurs chroniques dues aux effets toxiques des AINS sur les reins — qu’ils doivent prendre après une opération chirurgicale.

Lors d’un petit essai clinique, des patients ayant subi une transplantation rénale ont reçu des doses de 50 à 150 mg de CBD deux fois par jour. Les résultats ont montré un soulagement partiel ou complet de la douleur chez la majorité des participants au cours des 15 premiers jours de cette étude de 3 semaines [11].

3. Douleur neuropathique

Un petit essai clinique de patients souffrant de douleurs neuropathiques d’origines diverses a comparé les effets d’une pulvérisation sublinguale de THC, de CBD, ou d’une combinaison 1:1 des deux, pendant 12 semaines [12]. Bien que les résultats aient montré que les thérapies à base de THC et combinées THC:CBD étaient plus efficaces que le CBD, seul, pour réduire la douleur, le CBD a produit moins d’effets secondaires — comme la somnolence et la sécheresse bucale, tout en apportant un soulagement modeste.

Le CBD utilisée dans l’étude n’était pas un extrait à spectre complet et n’offrait donc pas les avantages synergiques de l’effet d’entourage — la présence d’autres ingrédients dans le chanvre (comme le THC et d’autres cannabinoïdes) rend les effets globaux plus forts.

Par conséquent, lors de l’utilisation d’isolats purifiés de CBD, des doses plus élevées pourraient s’avérer être nécessaires pour obtenir des effets comparables à ceux qui ont été utilisés dans cette étude.

4.douleurs musculaires et articulaires chez l’enfant

Des enfants atteints de troubles douloureux des mouvements congénitaux ont reçu soit de l’huile de CBD, soit une combinaison 20:1 de CBD avec THC, soit une combinaison 6:1 de CBD avec THC pendant 5 mois lors d’un essai clinique. Les résultats ont montré une amélioration significative de la gravité de la douleur ainsi qu’une diminution de la fréquence et de la durée de la douleur dans les trois groupes [13].

Dans le groupe 20:1, un questionnaire mesurant la qualité de vie globale, notamment les niveaux de douleur, a montré une amélioration des scores à une dose moyenne de 92 mg par jour de CBD [13].

5. Fibromyalgie

La fibromyalgie, une affection difficile à traiter, entraîne des douleurs musculaires et articulaires chroniques dans tout le corps, ainsi que de la fatigue, des troubles du sommeil et des troubles cognitifs. Lors d’un essai clinique, les participants ont reçu une forme de cannabis médical, parmi trois, dont l’une présentait un rapport CBD:THC élevé de près de 20:1 [30].

Les résultats ont révélé qu’aucune de ces souches de cannabis n’a procuré un soulagement de la douleur supérieur à celui du placebo. Toutefois, un examen plus approfondi de l’étude soulève certaines questions quant à l’efficacité de sa conception.

Dans le cadre de cette étude, les participants ont reçu du cannabis vaporisé à raison de quatre séances de traitement espacées d’au moins deux semaines. Comme les cannabinoïdes inhalés sont rapidement absorbés mais aussi rapidement éliminés de la circulation sanguine, cette méthode d’inhalation produit des pics élevés, mais une biodisponibilité globale inférieure par rapport aux autres formes d’administration.

Ainsi, une forme d’administration différente ou un schéma posologique plus fréquent qui augmenterait et maintiendrait les concentrations sanguines et tissulaires de CBD pourrait-il produire des résultats différents pour les patients atteints de fibromyalgie ? Possible, mais d’autres recherches sont nécessaires pour explorer cet effet.

Les meilleures formes et doses de CBD pour le soulagement de la douleur

Les doses recommandées pour le CBD varient considérablement. Il existe de nombreux facteurs à prendre en compte pour déterminer la meilleure dose, notamment :

  • L’affection traitée
  • La gravité des symptômes
  • La réponse individuelle au CBD
  • La forme de CBD utilisée (capsules, sprays, vapoteuses, etc.)
  • La présence d’autres drogues ou médicaments
  • Les conditions médicales sous-jacentes
  • Le poids et la taille de la personne qui prend le CBD
  • L’âge et le sexe de la personne qui prend le CBD

Dans les études animales, les doses peuvent varier de 1 à 20 mg/kg de poids corporel. Dans des études sur les troubles convulsifs chez les enfants, les doses varient entre 0,5 et 300 mg/kg de poids corporel par jour [14].

Il s’agit d’une gamme de dosage très large.

Afin de déterminer le meilleur dosage pour vos besoins de soulagement de la douleur tout en évitant les effets secondaires inconfortables, il est préférable d’adopter une approche prudente lorsque vous prenez du CBD. Et d’augmenter progressivement sur une période de deux semaines ou plus [15].

Un journal des symptômes peut vous aider à déterminer dans quelle mesure vous répondez à un produit ou à une dose en particulier.

1. Oral CBD

Les formes d’administration orale comprennent les huiles de CBD, les capsules, et les comestibles.

Le CBD incorporé dans les aliments et les boissons entre dans le système plus lentement, et reste en circulation plus longtemps que les autres formes.

Le CBD par voie orale est souvent recommandé comme principale méthode d’administration pour la prise en charge de la douleur chronique, mais il est mal absorbé comparativement à d’autres méthodes [15].

Pour améliorer la biodisponibilité orale du CBD, la nanotechnologie est utilisée pour convertir les molécules de CBD hautement liposolubles, qui sont difficiles à absorber, en minuscules nanoparticules qui sont plus facilement absorbées dans le tractus intestinal [2].

2. CBD vapoté

Les méthodes d’action plus rapides, telles que les e-liquides CBD et les vaporisateurs stylos sont utiles en cas d’apparition soudaine ou récente de douleurs, ou de poussées de douleurs chroniques. Cependant, le vapotage peut se révéler contre-productif pour la gestion de la douleur dans certains cas, car il peut irriter les poumons et augmenter l’inflammation dans le corps.

3. CBD topique

Les opinions varient en ce qui concerne les produits topiques au CBD. Le CBD topique comprend les pommades, les onguents et les patchs.

Certains experts affirment que le meilleur usage des produits topiques réside dans le traitement localisé sur une surface de blessures musculaires ou articulaires, comme une entorse à la cheville ou une traction des ischio-jambiers [15].

D’autres affirment que le CBD topique, qui est lentement absorbé dans la circulation sanguine, peut être utilisé comme une forme d’administration systémique. Ces experts prédisent que le CBD topique pourrait s’avérer particulièrement efficace pour maintenir des niveaux sanguins constants de CBD chez les patients souffrant de douleurs chroniques, en particulier chez ceux qui ne peuvent tolérer le CBD oral ou d’autres formes d’administration en raison de problèmes digestifs ou autres [16].

4. Suppositoires au CBD

Les suppositoires au CBD constituent une autre option pour les patients pour lesquels la consommation orale n’est pas recommandée, comme ceux qui souffrent de troubles gastro-intestinaux et qui peuvent avoir des difficultés à absorber le CBD oral, ou pour les patients très jeunes ou âgés [15].

En résumé : l’utilisation du CBD pour la douleur

La douleur est un processus complexe qui implique une communication finement coordonnée entre le corps et le cerveau. Les capteurs de douleur sont d’abord activés en réponse à un stimulus, comme une lésion des tissus, et envoient des messages qui voyagent vers le cerveau et la moelle épinière.

Une fois dans le cerveau, les signaux de douleur sont interprétés, ce qui nous fait ressentir ce que nous considérons comme de la douleur.

D’après ce que nous savons des mécanismes de la douleur et du rôle du système endocannabinoïde dans la gestion de la douleur, le CBD pourrait jouer un rôle considérable.

Pour résumer brièvement :

  1. Le CBD agit sur le système endocannabinoïde, qui fonctionne principalement pour maintenir l’homéostasie ou l’équilibre dans le corps, notamment en agissant comme l’un des systèmes inhérents à la gestion de la douleur du corps.
  2. Le CBD agit à de nombreux niveaux dans les voies de traitement de la douleur, du niveau tissulaire où la douleur est générée jusqu’à la moelle épinière, et, au cerveau, où la douleur est interprétée et gérée.
  3. Des études montrent que le CBD peut offrir des bénéfices considérables pour soulager la douleur ayant trait à une grande variété de syndromes douloureux.
  4. Le dosage avec le CBD pour la douleur est très individuel. Il est recommandé de commencer par une faible dose et de l’augmenter lentement afin de trouver la dose optimale pour vos besoins particuliers.

Bien que d’autres recherches soient nécessaires pour confirmer les effets du CBD sur différents types de douleur, elles sont très prometteuses jusqu’à présent.

Références

  1. Dahlhamer, J., Lucas, J., Zelaya, C., Nahin, R., Mackey, S., DeBar, L., . . . Helmick, C. (2018). Prevalence of Chronic Pain and High-Impact Chronic Pain Among Adults – United States, 2016. MMWR Morb Mortal Wkly Rep, 67(36), 1001-1006. doi:10.15585/mmwr.mm6736a2
  2. Bruni, N., Della Pepa, C., Oliaro-Bosso, S., Pessione, E., Gastaldi, D., & Dosio, F. (2018). Cannabinoid Delivery Systems for Pain and Inflammation Treatment. Molecules, 23(10). doi:10.3390/molecules23102478
  3. Xu, Q., & Yaksh, T. L. (2011). A brief comparison of the pathophysiology of inflammatory versus neuropathic pain. Curr Opin Anaesthesiol, 24(4), 400-407. doi:10.1097/ACO.0b013e32834871df
  4. Kidd, B. A., Wroblewska, A., Boland, M. R., Agudo, J., Merad, M., Tatonetti, N. P., … & Dudley, J. T. (2016). Mapping the effects of drugs on the immune system. Nature biotechnology, 34(1), 47.
  5. Xiong, W., Cui, T., Cheng, K., Yang, F., Chen, S. R., Willenbring, D., . . . Zhang, L. (2012). Cannabinoids suppress inflammatory and neuropathic pain by targeting alpha3 glycine receptors. J Exp Med, 209(6), 1121-1134. doi:10.1084/jem.20120242
  6. Meacham, K., Shepherd, A., Mohapatra, D. P., & Haroutounian, S. (2017). Neuropathic Pain: Central vs. Peripheral Mechanisms. Curr Pain Headache Rep, 21(6), 28. doi:10.1007/s11916-017-0629-5
  7. Rifbjerg-Madsen, S., Christensen, A. W., Christensen, R., Hetland, M. L., Bliddal, H., Kristensen, L. E., . . . Amris, K. (2017). Pain and pain mechanisms in patients with inflammatory arthritis: A Danish nationwide cross-sectional DANBIO registry survey. PLoS One, 12(7), e0180014. doi:10.1371/journal.pone.0180014
  8. De Gregorio, D., McLaughlin, R. J., Posa, L., Ochoa-Sanchez, R., Enns, J., Lopez-Canul, M., . . . Gobbi, G. (2019). Cannabidiol modulates serotonergic transmission and reverses both allodynia and anxiety-like behavior in a model of neuropathic pain. Pain, 160(1), 136-150. doi:10.1097/j.pain.0000000000001386
  9. Adela Hilda Onuțu, D. S. D. a. C. P. (2018). Serotonin Reuptake Inhibitors and Their Role in Chronic Pain Management. Retrieved from https://www.intechopen.com/books/serotonin/serotonin-reuptake-inhibitors-and-their-role-in-chronic-pain-management
  10. Ward, S. J., McAllister, S. D., Kawamura, R., Murase, R., Neelakantan, H., & Walker, E. A. (2014). Cannabidiol inhibits paclitaxel-induced neuropathic pain through 5-HT(1A) receptors without diminishing nervous system function or chemotherapy efficacy. Br J Pharmacol, 171(3), 636-645. doi:10.1111/bph.12439
  11. Cunetti, L., Manzo, L., Peyraube, R., Arnaiz, J., Curi, L., & Orihuela, S. (2018). Chronic Pain Treatment With Cannabidiol in Kidney Transplant Patients in Uruguay. Transplant Proc, 50(2), 461-464. doi:10.1016/j.transproceed.2017.12.042
  12. Notcutt, W., Price, M., Miller, R., Newport, S., Phillips, C., Simmons, S., & Sansom, C. (2004). Initial experiences with medicinal extracts of cannabis for chronic pain: results from 34 ‘N of 1’ studies. Anaesthesia, 59(5), 440-452. doi:10.1111/j.1365-2044.2004.03674.x
  13. Libzon, S., Schleider, L. B., Saban, N., Levit, L., Tamari, Y., Linder, I., . . . Blumkin, L. (2018). Medical Cannabis for Pediatric Moderate to Severe Complex Motor Disorders. J Child Neurol, 33(9), 565-571. doi:10.1177/0883073818773028
  14. Naftali, T., Mechulam, R., Marii, A., Gabay, G., Stein, A., Bronshtain, M., . . . Konikoff, F. M. (2017). Low-Dose Cannabidiol Is Safe but Not Effective in the Treatment for Crohn’s Disease, a Randomized Controlled Trial. Dig Dis Sci, 62(6), 1615-1620. doi:10.1007/s10620-017-4540-z
  15. MacCallum, C. A., & Russo, E. B. (2018). Practical considerations in medical cannabis administration and dosing. Eur J Intern Med, 49, 12-19. doi:10.1016/j.ejim.2018.01.004
  16. Lodzki, M., Godin, B., Rakou, L., Mechoulam, R., Gallily, R., & Touitou, E. (2003). Cannabidiol-transdermal delivery and anti-inflammatory effect in a murine model. J Control Release, 93(3), 377-387. Retrieved from https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14644587
  17. Singh, H., Bhushan, S., Arora, R., Buttar, H. S., Arora, S., & Singh, B. (2017). Alternative treatment strategies for neuropathic pain: Role of Indian medicinal plants and compounds of plant origin-A review. Biomedicine & Pharmacotherapy, 92, 634-650.
  18. Walia, K. S., Khan, E. A., Ko, D. H., Raza, S. S., & Khan, Y. N. (2004). Side effects of antiepileptics—a review. Pain Practice, 4(3), 194-203.
  19. Lee, G., Grovey, B., Furnish, T., & Wallace, M. (2018). Medical cannabis for neuropathic pain. Current pain and headache reports, 22(1), 8.
  20. Xiong, W., Cui, T., Cheng, K., Yang, F., Chen, S. R., Willenbring, D., … & Zhang, L. (2012). Cannabinoids suppress inflammatory and neuropathic pain by targeting α3 glycine receptors. Journal of Experimental Medicine, 209(6), 1121-1134.
  21. King, K. M., Myers, A. M., Soroka‐Monzo, A. J., Tuma, R. F., Tallarida, R. J., Walker, E. A., & Ward, S. J. (2017). Single and combined effects of Δ9‐tetrahydrocannabinol and cannabidiol in a mouse model of chemotherapy‐induced neuropathic pain. British journal of pharmacology, 174(17), 2832-2841.
  22. Philpott, H. T., O’brien, M., & McDougall, J. J. (2017). Attenuation of early phase inflammation by cannabidiol prevents pain and nerve damage in rat osteoarthritis. Pain, 158(12), 2442.
  23. Toth, C. C., Jedrzejewski, N. M., Ellis, C. L., & Frey, W. H. (2010). Cannabinoid-mediated modulation of neuropathic pain and microglial accumulation in a model of murine type I diabetic peripheral neuropathic pain. Molecular pain, 6(1), 16.
  24. Rivat, C., Becker, C., Blugeot, A., Zeau, B., Mauborgne, A., Pohl, M., & Benoliel, J. J. (2010). Chronic stress induces transient spinal neuroinflammation, triggering sensory hypersensitivity and long-lasting anxiety-induced hyperalgesia. Pain, 150(2), 358-368.
  25. Taylor, A. M., Castonguay, A., Taylor, A. J., Murphy, N. P., Ghogha, A., Cook, C., … & Cahill, C. M. (2015). Microglia disrupt mesolimbic reward circuitry in chronic pain. Journal of Neuroscience, 35(22), 8442-8450.
  26. Scanlon, G. C., Jain, F. A., Hunter, A. M., Cook, I. A., & Leuchter, A. F. (2017). Neurophysiologic correlates of headache pain in subjects with major depressive disorder. Clinical EEG and neuroscience, 48(3), 159-167.
  27. Shannon, S., Lewis, N., Lee, H., & Hughes, S. (2019). Cannabidiol in anxiety and sleep: a large case series. The Permanente journal, 23.
  28. Shbiro, L., Hen-Shoval, D., Hazut, N., Rapps, K., Dar, S., Zalsman, G., … & Shoval, G. (2019). Effects of cannabidiol in males and females in two different rat models of depression. Physiology & behavior, 201, 59-63.
  29. Lee, J. L., Bertoglio, L. J., Guimarães, F. S., & Stevenson, C. W. (2017). Cannabidiol regulation of emotion and emotional memory processing: relevance for treating anxiety‐related and substance abuse disorders. British journal of pharmacology, 174(19), 3242-3256.
  30. van de Donk, T., Niesters, M., Kowal, M. A., Olofsen, E., Dahan, A., & van Velzen, M. (2019). An experimental randomized study on the analgesic effects of pharmaceutical-grade cannabis in chronic pain patients with fibromyalgia. Pain, 160(4), 860.